Fin de contrat

Rupture conventionnelle : procédure, délais et calcul des sommes dues

La rupture conventionnelle permet à un employeur et à un salarié en CDI de mettre fin au contrat d’un commun accord. Ce n’est ni un licenciement ni une démission : elle ouvre droit à l’assurance chômage pour le salarié, et elle protège l’employeur du risque contentieux, à condition que la procédure soit strictement respectée.

Sa mécanique tient à trois choses : un consentement libre des deux parties, des délais incompressibles, et une indemnité au moins égale au minimum légal ou conventionnel. Une erreur sur l’un de ces trois points suffit à faire tomber la rupture, avec les conséquences d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Mis à jour en 2026

Délai de rétractation

15 jours calendaires

Pour chaque partie, après signature

Instruction administrative

15 jours ouvrables

Silence de l’administration valant homologation

Indemnité minimale

Indemnité légale de licenciement

Ou minimum conventionnel plus favorable

Qui peut y recourir, et dans quelles limites

La rupture conventionnelle n’est ouverte qu’aux salariés en CDI. Elle est exclue pour un CDD, qui se rompt par accord des parties selon un régime distinct, et pour les contrats d’apprentissage. Elle peut concerner un salarié protégé, mais l’homologation est alors remplacée par une autorisation de l’inspection du travail.

Elle reste possible pendant un arrêt maladie ou un congé maternité, sous réserve d’un consentement réellement libre. En revanche, elle ne doit jamais servir à contourner un licenciement économique collectif, ni à sortir un salarié en pleine procédure disciplinaire : le juge y verrait un vice du consentement.

La procédure, étape par étape

  1. 1Organiser au moins un entretien, en informant le salarié qu’il peut se faire assister. Rien n’impose de convocation écrite, mais elle sécurise la preuve.
  2. 2Négocier les conditions : date de fin de contrat, montant de l’indemnité spécifique, sort des congés payés et des éventuelles clauses du contrat.
  3. 3Rédiger et signer la convention de rupture, en remettant un exemplaire au salarié. L’absence de remise est à elle seule une cause d’annulation.
  4. 4Laisser courir le délai de rétractation de quinze jours calendaires, qui bénéficie aux deux parties.
  5. 5Transmettre la demande d’homologation à l’administration à l’issue de ce délai, par téléservice.
  6. 6Attendre la décision : le silence pendant quinze jours ouvrables vaut homologation.
  7. 7Établir les documents de fin de contrat et verser le solde à la date de rupture convenue, jamais avant l’homologation.

La date de fin de contrat ne peut pas être fixée avant le lendemain de l’homologation. Une erreur de calendrier sur ce point est fréquente lorsque le salarié a déjà retrouvé un emploi et souhaite partir vite.

Calcul de l’indemnité spécifique

L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale de licenciement, calculée sur l’ancienneté et sur le salaire de référence le plus favorable au salarié. Si la convention collective prévoit une indemnité de licenciement supérieure, c’est ce montant qui devient le plancher.

Base de calcul de l’indemnité légale :

AnciennetéDroit par annéeSalaire de référence
Jusqu’à 10 ans1/4 de mois de salaire par annéeMoyenne la plus favorable entre les 12 ou les 3 derniers mois
Au-delà de 10 ans1/3 de mois de salaire par année pour les années suivantesMême règle, primes annuelles proratisées

Les années incomplètes sont prises en compte au prorata des mois effectués.

Régime social et fiscal, en synthèse :

  • l’indemnité est exonérée d’impôt sur le revenu dans les limites prévues par la loi ;
  • elle est exonérée de cotisations sociales dans une limite exprimée en fraction du plafond annuel de la sécurité sociale ;
  • elle reste soumise à CSG et CRDS selon des règles propres ;
  • au-delà d’un seuil élevé, la totalité de l’indemnité devient soumise à cotisations : un calcul précis est indispensable pour les rémunérations importantes.

Ce qui figure dans le solde de tout compte

  • le salaire du mois de départ, proratisé jusqu’à la date de rupture ;
  • l’indemnité compensatrice de congés payés pour les jours acquis non pris ;
  • l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ;
  • les compteurs à solder : RTT, repos compensateur, jours de fractionnement ;
  • les éventuelles primes dues au prorata et les remboursements de frais en attente.

Il n’y a pas de préavis en rupture conventionnelle : les parties fixent librement la date de fin, et aucune indemnité compensatrice de préavis n’est due. En revanche, les documents de fin de contrat sont obligatoires : certificat de travail, solde de tout compte, attestation destinée à France Travail.

Erreurs qui font annuler une rupture conventionnelle

  • Ne pas remettre au salarié son exemplaire signé de la convention.
  • Faire signer la convention et la transmettre avant l’expiration du délai de rétractation.
  • Fixer une date de rupture antérieure à l’homologation.
  • Verser une indemnité inférieure au minimum légal ou conventionnel, même de quelques euros.
  • Signer sous pression, dans un contexte de harcèlement allégué ou de procédure disciplinaire en cours.
  • Oublier l’autorisation de l’inspection du travail pour un salarié protégé.

Rupture conventionnelle, démission, licenciement : que choisir

Mode de ruptureAssurance chômageIndemnité de ruptureRisque contentieux
Rupture conventionnelleOuiAu moins l’indemnité légale de licenciementFaible si la procédure est respectée
DémissionNon, sauf cas limitésAucuneFaible, mais risque de requalification en prise d’acte
LicenciementOuiIndemnité légale ou conventionnelleÉlevé si le motif est fragile

Pour l’employeur, la rupture conventionnelle a un coût immédiat plus élevé qu’une démission, mais elle achète de la sécurité juridique et une sortie négociée dans un calendrier maîtrisé. Le choix se fait sur la base d’un chiffrage complet, indemnité et solde de tout compte compris.

Comment Alvaa traite ce sujet pour vous

  • Votre gestionnaire chiffre la rupture avant toute discussion : indemnité minimale, congés payés restants, compteurs à solder, coût total pour l’entreprise.
  • Les documents de fin de contrat et le solde de tout compte sont produits et archivés dans le dossier du salarié.
  • Le calendrier des délais, rétractation puis homologation, est suivi pour éviter une date de rupture irrégulière.
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