Rémunération

Salaire brut en net : comment passer d’un montant à l’autre

Le brut est le montant écrit dans le contrat de travail. Le net est celui qui arrive sur le compte du salarié. Entre les deux, il y a les cotisations salariales, éventuellement une mutuelle d’entreprise, et le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Comprendre cet écart évite la moitié des questions posées aux services paie chaque mois.

Il n’existe pas un taux unique de passage du brut au net : le niveau de retenues dépend du statut du salarié, du niveau de rémunération par rapport au plafond de la sécurité sociale, des garanties de prévoyance et de mutuelle souscrites par l’entreprise, et de la convention collective. On peut néanmoins raisonner avec des ordres de grandeur fiables, puis vérifier le calcul exact sur le bulletin.

Mis à jour en 2026

Retenues salariales, non-cadre

≈ 22 %

Ordre de grandeur, avant impôt

Retenues salariales, cadre

≈ 25 %

Cotisations retraite cadre plus élevées

Plafond mensuel sécurité sociale 2026

4 005 €

Base de nombreuses cotisations

Ce que contient le salaire brut

Le brut n’est pas seulement le salaire de base. C’est l’ensemble des sommes versées en contrepartie du travail et soumises à cotisations sociales. Deux salariés au même salaire de base peuvent donc avoir un brut mensuel différent selon les primes et les heures effectuées.

Entrent dans le brut :

  • le salaire de base, correspondant à la durée contractuelle de travail ;
  • les heures supplémentaires et complémentaires, avec leur majoration ;
  • les primes soumises à cotisations : ancienneté, objectifs, treizième mois, prime de panier dépassant les limites d’exonération ;
  • les avantages en nature : véhicule, logement, repas, matériel à usage personnel ;
  • les indemnités de congés payés versées pendant la prise de congés.

N’entrent pas dans le brut soumis à cotisations :

  • les remboursements de frais professionnels justifiés, dans les limites admises ;
  • la part employeur des titres-restaurant dans la limite d’exonération ;
  • la participation et l’intéressement versés sur un plan d’épargne salariale, qui suivent un régime propre.

Les retenues qui transforment le brut en net

Les cotisations salariales sont regroupées sur le bulletin par risque couvert : santé, retraite, chômage, autres contributions. Chaque ligne mentionne la base de calcul et le taux appliqué. Certaines cotisations portent sur la totalité du brut, d’autres seulement sur la part située sous le plafond de la sécurité sociale, d’autres encore sur la part au-dessus.

Principales retenues salariales et leur logique de calcul :

RetenueAssietteRôle
Assurance vieillesse plafonnéeBrut limité au plafond mensuelRetraite de base
Assurance vieillesse déplafonnéeTotalité du brutRetraite de base, part solidaire
Retraite complémentaireTranche 1 sous plafond, tranche 2 au-dessusPoints de retraite complémentaire
CSG et CRDS98,25 % du brut, majoré des cotisations patronales de prévoyanceFinancement de la protection sociale
Mutuelle et prévoyanceSelon le contrat souscrit par l’entrepriseFrais de santé, incapacité, décès

Les taux exacts sont publiés chaque année par l’Urssaf et dépendent aussi de votre convention collective.

Après ces retenues, le bulletin affiche un net à payer avant impôt. Le prélèvement à la source est ensuite déduit selon le taux transmis par l’administration fiscale, que l’employeur applique sans le choisir ni le connaître dans le détail.

Net à payer, net imposable, net social : trois montants différents

  • Net à payer : le virement effectivement reçu, après cotisations, après impôt, et augmenté des remboursements de frais.
  • Net imposable : la base de l’impôt sur le revenu. Il est légèrement supérieur au net avant impôt, car la CSG non déductible et une partie des cotisations patronales de prévoyance et de mutuelle ne sont pas déductibles fiscalement.
  • Net social : le montant de référence utilisé pour le calcul des prestations sociales comme la prime d’activité ou le RSA, affiché en évidence sur le bulletin depuis sa généralisation.

Ces trois montants ne coïncident jamais exactement. Un salarié qui compare son net à payer au net imposable préremli sur sa déclaration de revenus constatera toujours un écart, et c’est normal.

Exemples chiffrés commentés

Estimations pour un temps plein, hors mutuelle spécifique et avant prélèvement à la source :

Brut mensuelNet avant impôt, non-cadreNet avant impôt, cadreCoût employeur approximatif
1 867 €≈ 1 456 €≈ 2 464 €
2 200 €≈ 1 716 €≈ 1 650 €≈ 2 904 €
3 000 €≈ 2 340 €≈ 2 250 €≈ 4 260 €
4 500 €≈ 3 510 €≈ 3 375 €≈ 6 390 €

Ordres de grandeur calculés avec 22 % de retenues salariales pour un non-cadre, 25 % pour un cadre, et des charges patronales de 32 % à 42 %. Le calcul réel dépend de votre convention et de vos garanties.

Le tableau montre deux choses utiles. D’abord, l’écart brut / net se creuse en valeur absolue avec le salaire, mais le pourcentage reste stable dans la plupart des cas. Ensuite, le coût employeur est très supérieur au net perçu : un salarié payé 2 340 € net coûte environ 4 260 € à l’entreprise. C’est ce montant qu’il faut retenir pour construire un budget de recrutement.

Convertir un net en brut lors d’une embauche

Beaucoup de candidats négocient en net. Le contrat de travail, lui, doit indiquer un brut. La conversion inverse consiste à diviser le net souhaité par un coefficient de passage, par exemple 0,78 pour un non-cadre et 0,75 pour un cadre.

En pratique :

  1. 1Fixez le net avant impôt visé, car le prélèvement à la source varie d’un salarié à l’autre et ne doit jamais entrer dans la négociation.
  2. 2Divisez ce net par 0,78 pour un non-cadre, 0,75 pour un cadre, afin d’obtenir un brut de départ.
  3. 3Vérifiez que ce brut respecte le minimum conventionnel de la classification retenue, souvent supérieur au SMIC.
  4. 4Ajoutez les éléments périphériques : primes contractuelles, part employeur de la mutuelle, titres-restaurant, transport.
  5. 5Contrôlez le coût employeur total avant de signer, en tenant compte des allégements de cotisations sur les bas salaires.

Erreurs fréquentes sur l’écart brut / net

  • Promettre un net en entretien puis le contractualiser en brut, sans avoir vérifié la mutuelle et la prévoyance qui viendront le réduire.
  • Oublier que les heures supplémentaires bénéficient d’une réduction de cotisations salariales : leur net est proportionnellement plus élevé que celui du salaire de base.
  • Confondre net imposable et net à payer lorsqu’un salarié conteste son bulletin.
  • Traiter un remboursement de frais comme une prime : il devient alors soumis à cotisations, ce qui coûte à l’entreprise comme au salarié.
  • Appliquer un taux moyen de passage à un salarié à temps partiel ou entré en cours de mois, alors que la proratisation change la base de calcul.

Comment Alvaa traite ce sujet pour vous

  • Chaque bulletin produit sur Alvaa est contrôlé avant diffusion : cohérence brut / net, plafonds, majorations, proratisation d’entrée et de sortie.
  • Vos salariés retrouvent leurs bulletins dans leur espace personnel et posent leurs questions sur le net directement au gestionnaire dédié.
  • Le coût employeur réel est visible dossier par dossier, ce qui permet de budgéter un recrutement avant de rédiger l’offre.
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